L’IRAN ACTUEL
Écrit par Administrator   
17-06-2007

L’IRAN ACTUEL : noir grisé et rouge de rage


Le chat calmement assis sur la carte, est en fait un lion qui rugit de l’intérieur sur le Globe. Les braises de la révolution inachevée de 1977-1979, bien que cachées sous les cendres des massacres contre-révolutionnaires de l’Islam Politique (qui se nomme en Iran Hezbollah, portant sous le turban de l'Ayatollah Khomeini la théorie de VELAYAT-e –FAQIH ), demeurent chaudes, se maintiennent et réchauffent l’esprit d’une population souffrant de 28 ans de règne dictatorial. Des nouveaux visages capitalistes cachés sous les barbes et les turbans, défendant leurs intérêts locaux menacés à mort par l'hyper impérialisme des USA et d'autres, font croire aux naïfs qu’ils sont anti-américains voire anti-impérialistes.
Mais des pourritures comme Rafsanjani 2 et les illuminés comme Ahmadinejad 3 et compagnie ont dévoilé rapidement le squelette fossilisé d’un système d’exploitation séculaire qui a certes changé de peau au cours de l’histoire mais qui devient de jour en jour plus pourri et incompréhensible que ses homologues occidentaux.
Ils n’hésitent pas un seul instant à négocier, liquider, lapider les biens et les ressources de leur peuple pour maintenir leur pouvoir, même en plongeant toute une population dans la détresse, la misère et la répression. Les travailleurs iraniens sont exploités et volés du fruit de leur travail encore plus durement que les travailleurs occidentaux. De plus, quand ils utilisent leurs outils syndicaux (qui sont durement menacés par les juges corrompus qui mettent en cause leur légalité 4), ils sont souvent réprimés massivement et leurs leaders risquent la prison.
La pression de l'hyper impérialisme USA pour restaurer son hégémonie perdue au cours de la révolution de 1977-1979 est un double prétexte pour les ayatollahs et les hojatoleslams 5 pour justifier le marasme économique, social et culturel du pays et garder l’Iran sous la menace permanente de la guerre. Au lieu de programmes économiques structurants, ils mettent toujours en avant les points les plus obscurs, les plus arriérés d’une politique coranique qui ne leurre plus personne. Car son visage inhumain, misogyne, infanticide, retardé culturellement, arriéré, aliénant est connu de tous.
Plus personne n’est dupe, en tous cas pas les enseignants qui sont souvent massivement en grève : au cours de leur dernière grève qui a duré du 9 février jusqu' à la fin du mois de mars 150 000 enseignants y ont participé. Le 11 mars, 20 000 enseignants venant de tout le pays manifestent devant le Parlement islamique à Baharestan à Teheran. Une partie des manifestants scande le slogan : " LE SOCIALISME VIENDRA POUR EFFACER L'APARTHEID ". Ne sont pas dupes non plus les ouvriers de tous secteurs confondus qui se battent tour à tour contre leurs conditions de vie imposées par les capitalistes iraniens et religieux.
Ne sont même pas dupes les journalistes, écrivains, les artistes, qui décrivent à longueur de jours, les dimensions du crime. Les femmes se battent courageusement et résistent à ceux qui n’ont pas honte de lapider les femmes et les hommes mêmes mineurs, de torturer et fouetter en pleine rue ! Les jeunes filles et garçons n’ont jamais cessé de se battre et de revendiquer la Liberté et l’Egalité.
De plus en plus le socialisme grandit dans l’idéal des iraniens puisqu’ils se rendent compte que, soit il faut accepter la barbarie imposée par l’islam politique et son armée de passdaran 6, soit il faut se battre pour le socialisme.
Le peuple multi-ethnique de l’Iran subit en plus la provocation de la CIA qui cherche et paye ouvertement des groupuscules désespérés au sein de guérillas ethniques pour troubler et dévier la trajectoire de la révolution. Malgré toutes les tentatives impérialistes externes et internes, l’ambiance des combats populaires tourne de plus en plus à gauche. Chanter l’internationale massivement, ou lancer des slogans comme : LE SOCIALISME OU LA BARBARIE " et encore " LIBERTE , EGALITE, GOUVERNEMENT OUVRIER ", se fait ouvertement, car la population les a adoptés.
Le Parti Communiste Ouvrier d’Iran a une popularité de plus en plus grande, il est de plus en plus respecté. Ses leaders, cadres et responsables sont de plus en plus connus et aimés. Malgré la multiplication des partis se réclamant du communisme en Iran (quatre pour le moment, dont trois avec le même programme et se revendiquant du même leader : Mansour Hekmat 7), leur popularité et leur influence vont en augmentant. Ce qui démontre en dernière analyse qu’il y a tellement à faire qu’un seul parti ne suffit apparemment pas à répondre à toutes les tâches et que même s’ils vont tous dans le même sens, ils y vont avec des allures et manières différentes et avec des actions et réactions diverses.
La perspective montre, par tous les facteurs et éléments divers connus, qu'une révolution socialiste pointe à l’horizon, pour la deuxième fois dans l'histoire iranienne. Plus on s’en approche, plus on a peur de la rater. D’où la nécessité peut-être de mettre en exergue des divergences politiques et tactiques correspondants à des sensibilités variées qui se manifestent spontanément dans les divers partis politiques ouvriers. Pour mieux encadrer la révolution à venir sans la laisser récupérer par les divers scénarios d'alliance avec la bourgeoisie.
SHIVA, le 28 juin 2007.
 
1 L'islam politique est un terme employé par le PCOI divisant l'islam comme foi et religion des individus musulmans et l'islam qui s'engage en politique en employant les moyens les plus arriérés et archaïques, et les méthodes terroristes. L'islam politique d'après le PCOI (WPI en anglais) est un phénomène transnational. Hezbollah est un terme Coranique qui signifie le peuple de dieu. Utilisé pour la première fois en termes politique par Khomeini depuis le Nauphle-le-Château (France) en s'adressant à des manifestants en Iran à l'été 1978.
2 Rafsandjani : Hodjatoleslam Rafsanjani est l'un des premiers disciples de Khomeini et occupe depuis le début des postes clefs de l'Etat islamique d'Iran. Il a été à plusieurs reprises lui-même et ses enfants mêlés dans les détournement de fonds et d'autres affaires de corruption.
3 Ahmadinejad : le président actuel de la république Islamique d'Iran, connu pour son franc-parler au sujet du programme nucléaire face aux USA et à l'Europe. Il a été élu aux élections présidentielle en 2005 grâce à l'aide massive des bassidjis "hézbolahis", et l'armée des Passdarans de la révolution. Il a promis aux masses populaires des réformes pour améliorer leur salaire et leur pouvoir d'achat ; hélas il n'a pu que décevoir ! Il a déclaré à plusieurs reprises qu'il était en relation directe avec Dieu ; ce qui faisait amèrement rire l'opposition et dresser les ayatollahs chiites contre lui car eux, ils croient qu’en attendant la résurrection, la seule personne reliée à Dieu en direct est le 12ème imam caché. Alors, après quelques rappels à l'ordre il a arrêté ce genre de déclaration.
4 Les syndicats ouvriers en Iran ont été fondés par les ouvriers eux même durant la révolution 1977-1979 parce qu’à l’époque du Shah, la syndicalisation était interdite, et n'existait pratiquement pas. Mais une fois les islamistes arrivés au pouvoir, ils les ont reconnu tacitement. Depuis ils attendaient un moment pour les éliminer mais cette occasion ne s’est jamais fait jour. Car les travailleurs connaissent l'importance de leurs appareils et les défendent vigoureusement.
Hodjatoleslam est un titre de degré d'étude d'islam chiite. C'est l'étape précédente avant de devenir Ayatollah. Un Hodjatoleslam peut être imam comme " Khamenei " , mais en revanche il ne peut pas avoir son "Réssalé " pour diriger les adeptes dans leur quotidien, par exemple comment se laver dans les toilettes, ou bien comment faire l'amour pendant la période des règles, voilà !! Il ne peut pas apporter sa sagesse de bienfaisance à des musulmans et leur apprendre comment se nettoyer les fesses dans le désert ! La cata!!
6 Passdaran : l'armée régulière de république Islamique, qui a marqué ses débuts à l'heure de la guerre avec l'Irak. Car l'ancienne armée royale, même après avoir cédé aux islamistes, n'avait pas la confiance de l'Etat, surtout à cause de l'arrestation ou le licenciement des généraux, elle n'était plus suffisamment organisée pour défendre le pays. Alors, la force des milices qui se disait Hezbollah s'est organisée sous la nomination de " BASSIDJE ", par la suite les " PASSDARANS de la révolution islamique " : les gardiens de la.............et des années plus tard ils ont eu la nomination de " Troupe ". Et enfin, ils ont avalé l'ancienne armée. L'armée de Passdarans est devenue une organisation archi puissante qui s'occupe non seulement de la défense mais possède également une grande part de l'industrie pétrolière et d'autres secteurs économiques de l'Iran.
7 Mansour Hekmat : une des figures révolutionnaires de 1977-1979 d'Iran qui dirigeait une petite organisation du nom de " l'union des combattants communistes ". En 1982, avec Komela, ils ont réussi à fonder le premier " Parti Communiste d'Iran ". En 1992, suite à des débats et des divergences internes, M. Hekmat quitte le parti et séjourne en Angleterre, où il refonde un autre parti nommé " Parti Communiste Ouvrier d'Iran ". Ainsi, M. Hekmat tranche avec la période précédente en l'analysant et en la dénonçant comme la période du communisme traditionaliste. Il dénonce et tranche avec les communismes bourgeois de toutes sortes. M.Hekmat, la figure emblématique du mouvement communiste ouvrier d'Iran est décédé en 2004 des suites d’un cancer de la gorge. En son nom, existe toujours la fondation de Mansour Hekmat, gérée par sa veuve : Azar Majedi .