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"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme" Lénine

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Écrit par Administrator   
10-10-2007

Coup de tonnerre dans un ciel serein ?

Bernard Kouchner nous prépare à la guerre contre l'Iran

Les récents propos de Bernard Kouchner appelant à " préparer le pire " c'est-à-dire la guerre contre l'Iran ont soulevé tollés et critiques de nos commentateurs politiques habituels. Bavure, bévue ?

Notre médecin-ministre-conseiller-Total-diplomate-ex-socialiste-sarkozyste sans frontière est pourtant très au fait de la situation au Moyen-Orient. C'est lui qui en 2003 se rallie à l'offensive militaire des Etats Unis en IRAK et déclare : " Comme il est facile d'être contre la guerre ! ".

C'est le même homme également qui blanchira, dans un rapport de son cabinet BK-Conseil, le groupe pétrolier français Total accusé de "crime de séquestration", c'est-à-dire de travail forcé par des victimes birmanes. Ce rapport payé par Total 25 000 € et quelques voyages gratuits - notre homme aime décidément les voyages - est publié maladroitement sur Internet. Il fera l'objet d'une réponse cinglante de la Fédération internationale des Droits de l'Homme qui rappelle les faits reprochés à Total :

     

  1. d'avoir occasionné des déplacements de populations et forcé à l'exil des centaines de villageois ;
  2. d'avoir bénéficié du travail forcé pratiqué par l'armée birmane ;
  3. de fournir un soutien logistique et militaire à cette même armée.

Bernard Kouchner qui a pensé à se rendre en Birmanie pour rencontrer les témoins à décharge du régime et les ONG "neutres" n'a pas pensé à rencontrer les témoins à charge dont certaines victimes du régime birman sont localisées à Paris même. Il s'en excuse dans un texte publié par Libération le 11 décembre 2003 en affirmant " qu'aucun témoin n'a pris contact avec lui ". Vision fulgurante de la démocratie selon la bourgeoisie : d'un côté les millions, les voyages pour dédouaner les opérations des exploiteurs, de l'autre c'est aux exploités de savoir que Mr Kouchner œuvre, le contacter... Bref à se débrouiller.

Plus fort encore, l'accusation de travail forcé des enfants, dont la junte Total a tiré profit pour la construction d'un gazoduc (nettoyage du site, coupe des arbres, terrassements) est soumise à l'œil scientifique perçant de notre homme orchestre : les tuyaux du pipeline seraient trop lourds pour être portés par des enfants. Comment être plus ignoble ?

On comprend d'un coup beaucoup mieux l'engagement actuel de notre globe trotter. En effet qu'est-ce qui relie ces affaires ? Qu'est-ce qui relie la guerre, l'Iran, la Birmanie et l'Irak ?

Tout le monde aura compris que les immenses réserves d'hydrocarbures et la situation politique explosive de ces pays sont pour les exploiteurs de la planète à la fois une source de convoitise et d'angoisse. Pas question qu'une révolution viennent les priver du pillage de ces ressources.

Abandonnons aux corbeaux notre humanitaire à tout faire du capitalisme français pour tenter d'identifier les vraies raisons qui poussent un ministre des affaires étrangères à tenir de tels propos.

Pourquoi l'Iran ?

Nous pourrions succomber à la mise en scène savamment orchestrée contre l'armement nucléaire iranien, motif public de la tension croissante entre l'Iran et les impérialismes américain, français ou européens. Il ne s'agit bien évidemment pas de cela.

Il suffit pour le comprendre de rappeler ce que ni journalistes, ni commentateurs politiques et hélas ni organisations ouvrières ne reprennent ni ne soulignent ce qui suit.

L'Iran a toujours eu des relations économiques très étroites avec les nations impérialistes. Mais il leur a toujours fallu intervenir directement dans la vie politique du pays qui tendait naturellement à l'indépendance économique : par exemple, en 1953, le Premier ministre Mohammad Mossadegh nationalise le pétrole. Il est alors éloigné du pouvoir à la suite d’un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains, l'opération Ajax.

Mais toutes ces interventions et le caractère profondément réactionnaire du pouvoir iranien en place ont permis le développement d'un intense processus révolutionnaire. En 1978-79, l'Iran occupe une place stratégique de premier plan dans l'objectif des Etats Unis de contrôler le Moyen Orient, principale source de pétrole de la planète. L’Iran joue alors, pour le compte des Etats Unis, tout à la fois un rôle de gendarme dans la région et de poste avancé contre l'Union Soviétique. Le Shah d'Iran, à la tête d'une des monarchies les plus sanglantes et les mieux armées de la planète, dotée d’une police politique tristement célèbre pour sa férocité, la Savak, doit faire face à la fin des années 70 à la menace d'une révolution et cherche de l'aide auprès de ceux qui l'ont amené au pouvoir plusieurs décennies auparavant : les USA.

Mais la révolution va emporter le Shah et son régime. Le pays se couvre de comités de grève, de conseils - les fameux chouras - qui vont tenter de diriger pendant un temps des secteurs clefs de l'économie (pétrole, banques, livre, grandes usines de montage automobiles etc. ..).

Dans cet épisode peu connu - et caché par les médias occidentaux - de la révolution mondiale, le mouvement va aller très loin. Les revendications des travailleurs, en général, sont hautement politiques. Ils veulent que les conseils élus contrôlent la production, l'ouverture des livres de comptes, etc... Les travailleurs du pétrole exigent le contrôle de la production pétrolière, l'annulation des contrats avec les pays impérialistes etc… Un processus de regroupements des dizaines de petits groupes politiques existants a lieu (c'est ainsi que va se constituer le Parti Communiste Ouvrier Iranien qui se prononcera clairement pour la prise du pouvoir et qui deviendra un acteur essentiel de la vie politique iranienne).

Face à ce déferlement, et contre l'interprétation donnée par les pays impérialistes à leur propre population, la contre-révolution est menée par les fondamentalistes islamistes qui ne sont pourtant pas majoritaires dans une nation très laïque : "Ce sont les théologiens qui sont les premiers à rétablir l’ordre dans le pays, avec l’aide des comités locaux" reconnaît avec délicatesse l'article de Wikipédia sur l'Iran.

En effet, la France vient de permettre à l'Ayatollah Khomeyni, qu'elle avait accueilli à Nauphle Le Château, de repartir à Téhéran prendre la tête de ce combat. Pour tromper les masses, l'exilé se drape dans un discours contre l’impérialisme américain. Immédiatement va se constituer une alliance entre les islamistes, les résidus de l'Etat démantelé, les représentants de la bourgeoisie avec en sous-main les différents pays impérialistes. Le pouvoir, de coalition dans un premier temps et purement islamiste ensuite, va multiplier les attaques contre les conseils, les syndicats, les ouvriers, les militants et leurs organisations à travers contre-comités locaux islamisés et tribunaux islamiques.

Malgré la répression, le processus de la révolution se poursuit. Les pays impérialistes commencent à douter de la capacité des religieux à rétablir l'ordre. C’est alors seulement qu’ils commencent à condamner officiellement la "révolution islamiste" pour préparer une offensive contre la révolution tout court.

Les USA et leurs alliés vont fournir des armes et de la technologie au dictateur irakien Saddam Hussein, qui a pour objectif de s’emparer des champs de pétrole du Khuzestan iranien. Des membres de l’administration Reagan vendent secrètement des armes et des pièces détachées à l’Iran. Les impérialistes poussent à la guerre.

La guerre de l'IRAK contre l'Iran qui débute en 1980 permettra à Khomeyni de ressouder les rangs autour de la "nation iranienne" et de liquider physiquement des dizaines de milliers de militants, d'en exiler des milliers d'autres. C'est à cette occasion également que le régime de Saddam Hussein s'illustrera par le massacre à l'aide d'armes chimiques des populations kurdes rebelles à sa domination ou à celle des islamistes iraniens. La cause semble entendue, la révolution recule, les ventes d'armes ne se sont jamais aussi bien portées. Pendant un temps, les populations occidentales n'entendront plus parler de l'Iran, des horreurs de la répression et de la misère quotidiennes, de l'enrichissement des mollahs. Les affaires peuvent reprendre

Pourquoi la guerre maintenant?

L'Iran est toujours aussi riche d'un pétrole qui fait l'objet de toutes les convoitises et lui sert à soutenir une économie par ailleurs exsangue.

" Malgré un produit national brut (PNB) par habitant relativement correct de 2000 dollars en ppa (contre 1390 à l’Égypte), trois Iraniens sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un peu plus de 11 % d’une population active de 24 millions de personnes est au chômage (environ 25% selon certaines sources), et 90% de la population occupée est payée par l’État. L’âge légal du travail est fixé à 15 ans, mais les principaux secteurs d’activité jouissent d’une exemption, rendant souvent légal le travail des enfants. " (Article Iran sur Wikipedia)

L'Iran des mollahs achète ainsi presque tous les produits qui lui sont nécessaires en échange de son pétrole au lieu de développer son économie.

En ce qui concerne le nucléaire :

" Il est intéressant de noter qu'au début de la révolution islamique, en 1979, Khomeyni était opposé à la poursuite du programme nucléaire. Ce programme avait été auparavant lancé par le Shah d’Iran, suite à de très fortes pressions américaines. Les Etats-Unis étaient prêts à l'époque à vendre équipement et technologie à l'Iran pour profiter des revenus pétroliers de ce dernier ! " (Les dessous du nucléaire iranien [Dossier Iran : 9/10] Caucaz news)

Pourquoi ce programme a t-il été lancé ? On peut trouver une réponse franche sur le site de la Fondation pour la Recherche Stratégique de la part d'un certain Yann Richard, Professeur à la Sorbonne:

" Avant la Révolution, je m’étonnais que la France mette tant d’application à vendre ses technologies nucléaires à un pays qui n’a pas besoin d’énergie de ce type puisqu’il dispose d’immenses réserves de pétrole et de gaz naturel. Le diplomate chargé de ce transfert m’expliqua que des milliers d’emplois en France dépendaient de ces contrats. Le contrat Eurodif était effectivement extrêmement profitable à la France. Il n’était donc pas question de poser des questions. La morale était complètement mise à l’écart3. Seuls les intérêts financiers devaient être pris en compte. "

Ce programme lancé par les USA, relayé par les Européens jusqu'à la révolution de 1979, puis repris ensuite par la Russie est aujourd'hui inutile, voire gênant. Il n'y a plus rien à construire, à vendre. Au contraire, son état d'avancement place l'Iran en position de transformer des matières premières venant de Russie. De l'aveu même des USA, la capacité de l'Iran a fabriquer une arme nucléaire doit attendre encore 8 à 10 ans. Alors pourquoi la guerre maintenant ?

Pourquoi le gouvernement français veut-il nous "préparer au pire" alors qu'en 2006, nos exportations vers l’Iran ont atteint 1 898 millions d’euros, soit une hausse de 0,9% par rapport à l’année précédente et que l’Iran est notre troisième débouché au Moyen-Orient, après la Turquie et les Emirats Arabes Unis. Alors que le groupe français Total a investi plus de 2 milliards de dollars dans un projet opérationnel depuis 2002 prévoyant la production de gaz naturel liquéfié avec la société pétrolière malayenne Petronas. Et que Total serait intervenu directement auprès de Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour éviter des sanctions internationales contre l'Iran dans le dossier de l'enrichissement d'uranium (Le Monde du 23 septembre 2006) ?

Bien entendu les désirs impérialistes des autorités d'Iran sont mis en avant comme motif de la crainte de nos gouvernements occidentaux et de tous les organismes qu'ils contrôlent, ONU en tête. Il apparaît logique dans ce cadre que Téhéran veuille la bombe pour asseoir sa domination.

Mais qui peut croire à cette évolution, quand c'est l'armée américaine accompagnée de quelques contingents européens et autres qui tente d'instaurer aujourd'hui sa domination sur le Moyen-Orient. C'est par une répression sans faille, des massacres constants, qu'elle interdit aujourd'hui à la population iraquienne de trouver une solution à sa situation dramatique. Qui peut croire à leurs discours lénifiants sur la paix quand ce sont eux qui fournissent les armes à tous les gouvernements de ces pays ?

Qui peut croire à leurs discours : par exemple les déclarations tonitruantes de N.Sarkosy du 23 septembre où il invite les entreprises Total et Gaz de France à ne pas investir à Téhéran, et à boycotter tout développement de nouveaux projets dans la région ? Laissons Christophe de Margerie, directeur général de Total le soin de lever un peu le voile : (Londres, James Herron, Dowjones Newswires ) :

" Les pressions du gouvernement français visant à faire cesser la coopération de Total avec le gouvernement iranien n'ont pas eu d'impact sur les négociations car aucun contrat n'est encore prêt à être signé" (…) " Total concentrera ses investissements sur sa capacité de raffinage dans l'Est du pays ".

Ah bon, il y a des négociations en cours, en pleine préparation de guerre ? La désinformation est bien entendu totale.

un double impératif

Les menaces proférées contre l’Iran répondent à une double nécessité : d’une part faire pression sur le régime des mollahs pour qu’il intervienne politiquement en Irak pour stabiliser la situation qui échappe à l’impérialisme américain. Mais d’autre part répondre a l'urgence : l'Iran est actuellement en proie à de nouveaux développements du processus révolutionnaire soigneusement cachés par tous les médias du monde capitaliste. Malgré la répression forcenée, le terrorisme d'Etat, les lapidations... le processus se poursuit.

Qui sait, en France, qu'en 2005 " En avril dernier, le Khouzestan avait été le théâtre d’émeutes sociales. Le régime des mollahs avait réprimé les habitants de cette région, qui sont d’origine arabe ou arabophones, et l’événement s’était transformé en répression ethnique. La presse française n’avait rien dit sur ces répressions du Khouzestan, mais à l’instar de Libération, les médias français contribuent à relayer les nouvelles des agences officielles du régime des mollahs " ? (Site AgoraVox)

Quel média a informé sérieusement des émeutes étudiantes de 2007, de la grève générale de 700 000 enseignants au printemps 2007 ?

Nous savons, par nos camarades du PCOI que la situation politique du pays est de plus en plus explosive (cf n° antérieurs de CFPC), le régime des mollahs de plus en plus rejeté par la population et qu'en conséquence ce même régime accroît sa répression. Nos camarades développent une position claire, communiste, sur la question de la bombe nucléaire et de la guerre : le peuple iranien n’a pas besoin de la bombe, il a besoin du socialisme !

Le combat contre les menaces impérialistes n’implique aucun soutien au régime des mollahs, au contraire : C’est justement en se servant de ces menaces que le régime iranien tente de faire jouer pour son compte la fibre nationaliste, fait défiler son armée et en profite pour renforcer la répression. En aucun cas, les organisations révolutionnaires ne peuvent choisir de défendre le régime iranien, ni de près ni de loin, au motif des menaces de guerre impérialiste. Le combat pour la révolution, exige en effet la plus grande clarté, sur la même orientation de défaitisme révolutionnaire que celle défendue par Lénine contre la guerre impérialiste, pour la prise du pouvoir par les masses.

Le CCI(T) qui relaye au coté du PCOI la campagne pour la libération des prisonniers politiques et les libertés démocratiques en Iran, interviendra sur ces mots d’ordre :

A bas les menaces impérialistes contre l’Iran !

A bas le régime bourgeois islamiste réactionnaire des mollahs !

Vive le combat révolutionnaire des masses iraniennes !

Victor MAURICE, le 1er octobre 2007.

 
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Programme d'action

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Internationnal : Défense des militants et organisations

2008 :
Argentine

Le groupe trotskyste espagnol Germinal nous a informé d'une campagne qu'il menait en relation avec des militants argentins pour la libération de 6 ouvriers détenus depuis 2006 suite à une grève massive et des affrontements avec la police, en nous demandant d'y participer.

Vous trouverez ci-joint le texte en espagnol signé de nos deux organisations, sa traduction française, ainsi qu'un texte de pétition en direction de l'ambassade d'Argentine en France, à faire signer le plus massivement possible.

Merci de nous informer des signatures et des prises de postions syndicales sur notre adresse email.  Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Il est très important d'envoyer ensuite les pétitions à l'Ambassade d'Argentine ( l'adresse figure dans la pétition)
Nous tiendrons informés les militants argentins qui organisent cette campagne de nos démarches. 

Appel en espagnol
Appel en français

Pétition  

 Venezuela 

Pétition pour obtenir la réintégration immédiate à son poste de travail d’Orlando Chirino, coordinateur national de l’Union Nationale des Travailleurs (UNT), qui a joué un rôle déterminant contre le coup d’état d’avril 2002 et dans la défense de l’industrie pétrolière contre le lock-out patronal fomenté contre PDVSA cette même année.
 Pétition

                                                                                                                             Iran 

En defense des étudiants iraniens emprisonnés par le régime réactionnaire des mollahs

 Appel 

 2007 :

LE CCI(T) participe à la campagne internationale pour la libération des emprisonnès en Iran et pour le rétablissement des libertés

 Petition à envoyer à l'ambassade d'Iran

 

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